1. Vingt cinq enfants euthanasiés en Belgique ?
Selon une étude de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) récemment publiée dans l' « Américan Journal of Critical care », l'euthanasie des enfants serait une réalité dans les unités de soins intensifs pédiatriques. Sur les 89 infirmières qui ont accepté de participer à l'étude, 76 affirment être intervenues au cours des deux dernières années dans un cas ou il y aurait eu décision d'interrompre la vie d'un petit malade. 89 % de ces soignants estiment que l'euthanasie devrait pouvoir être demandée pour des mineurs dans certains cas.
Notons cependant qu'il y a confusion dans les termes car dans 66 % des cas mentionnés, il ne s'agissait pas d'une euthanasie (un acte ou une omission ayant pour intention de donner la mort), mais bien de l'interruption d'un traitement jugé disproportionné dans la situation du patient (ventilation artificielle , baxters, médicaments) associée ou non à des produits visant à soulager la douleur qui peuvent parfois avoir comme conséquence secondaire de diminuer l'espérance de vie des petits patients.
Par contre, dans 34% des cas, soit 25 enfants en deux ans, il s'agirait d'une véritable euthanasie illégale avec injection de substances létales (barbituriques, paralysants neuromusculaires).
Cette étude de la VUB aurait-t-elle pour but de relancer le débat pour ceux qui souhaitent étendre l'euthanasie aux mineurs et aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer? Si c'est le cas, comment apprécier les chiffres et résultats largement diffusés?
D'autre part, le sénateur Philippe Monfils (MR) s'offusque « C'est la porte ouverte à toutes les dérives que la loi a voulu empêcher en encadrant strictement ce choix de fin de vie. Hier, c'était les personnes âgées ; aujourd'hui, ce sont les mineurs. Et demain ? Jusqu'où ira-t-on ?". Il rappelle qu'à l'époque, le législateur a refusé d'autoriser le bénéfice de l'euthanasie aux mineurs, en raison du risque d'absence de consentement libre et volontaire. Le sénateur Monfils rappelle également que lorsque des mineurs sont en souffrance, le médecin peut administrer toute une gamme d'antidouleurs efficaces et également refuser l'acharnement thérapeutique (en ne commençant pas de nouveau traitement ou en interrompant un traitement jugé disproportionné). Il réclame également une enquête judiciaire afin de poursuivre les auteurs qui auraient enfreint la loi.
Source IEB et Belga