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Repousser ou supprimer la ménopause grâce à la cryoconservation du tissu ovarien ?

Repousser ou supprimer la ménopause grâce à la cryoconservation du tissu ovarien ?

Aux premiers jours de 2024, la prestigieuse revue scientifique American Journal of Obstetrics & Gynecology publiait les résultats d’une étude visant à déterminer la faisabilité d’une cryoconservation du tissu ovarien, dans le but de retarder la ménopause. « Pour la première fois dans l’histoire de la médecine, nous avons la capacité de retarder ou de supprimer potentiellement la ménopause », a affirmé le Dr Kutluk Oktay, auteur de l’étude et directeur du Laboratoire de Reproduction moléculaire et de Préservation de la Fertilité de la Faculté de Médecine de Yale (Etats-Unis).

Depuis la première cryopréservation de tissu ovarien par le même biologiste en 1999, l’utilisation – efficace - de cette technique s’est limitée aux patientes de moins de 40 ans dont les traitements de chimiothérapie ou radiothérapie menaçaient de dégrader leur fertilité. En pratique, l’opération consiste à prélever par laparoscopie l’ovaire ou les couches externes de l’ovaire qui contiennent un grand nombre d’ovocytes immatures (follicules primordiaux). Ces tissus subissent ensuite une congélation à – 195 °C. Une fois les tissus ovariens décongelés, le chirurgien les réimplante chez la patiente. Quelques jours plus tard, on observe une restauration de la connexion des tissus avec les vaisseaux sanguins. La fonction ovarienne se rétablit généralement en trois mois. Plus jeune est la femme, plus forte sera la chance de restauration de cette fonction ovarienne. En plus de préserver la fertilité des femmes subissant les traitements précités, cette opération peut retarder significativement la ménopause si le prélèvement a lieu avant 40 ans, voire la supprimer si le prélèvement a lieu avant 30 ans.

Quel regard éthique sur cette technique ?

Il convient de noter que la technique de cryoconservation du tissu ovarien ne suppose pas, comme c’est le cas pour le prélèvement d’ovocytes, un recours ultérieur à la fécondation in vitro. Une fois le tissu ovarien réimplanté et sa fonction rétablie, la femme pourra concevoir naturellement. Les conséquences problématiques de la fécondation in vitro d’un point de vue éthique, comme l’instrumentalisation des embryons humains, ne se retrouvent donc pas en l’espèce.

Néanmoins, il est nécessaire d’un point de vue éthique de distinguer le recours à la cryopréservation de tissu ovarien pour des raisons médicales (préservation de la fertilité face à des traitements hostiles aux organes reproducteurs) opéré dans le respect du rythme biologique de la femme d’une part, de l’utilisation de cette technique au profit de l’évincement de la ménopause - qui ne constitue en aucun cas une pathologie pour la femme – d’autre part. En effet, comme l’avancent Julio Tudela et Cristina Castillo pour de l’Observatoire de Bioéthique de l’Université Catholique de Valence, « il faut se demander s'il est souhaitable de prolonger la période de fertilité d'une femme au-delà du délai physiologique, en autorisant d'autres grossesses à un âge avancé, ce qui comporterait des risques importants pour la santé de la femme et de son enfant ». Aux préoccupations concernant les grossesses à un âge avancé s’ajoute également l’équilibre social et psychologique de l’enfant.

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