Une juge britannique impose l’avortement à une femme en situation de handicap mental
Dans un jugement rendu le 21 juin dernier, une juge britannique a décidé qu'une jeune femme en situation de handicap mental devait, à 22 semaines de grossesse, avorter de son enfant. Cette décision n'était approuvée, au regard de leurs convictions, ni par la mère de l'enfant, ni par la grand-mère de ce dernier.
La juge s'est expliquée en ces termes : « Je suis extrêmement consciente que le fait qu'un Etat puisse demander à une femme d'avorter quand il semble qu'elle ne le voudrait pas est une immense intrusion (mais) je dois prendre en compte son intérêt supérieur, et non pas le regard que la société peut porter sur l'avortement ». Elle a estimé que le handicap de la femme enceinte, dont les capacités mentales sont semblables à celles d'un enfant entre 6 et 9 ans, justifiait un avortement forcé. « Je pense qu'elle voudrait avoir un enfant de la même façon qu'elle voudrait avoir une jolie poupée », a énoncé la juge.
Cette décision suit l'avis des médecins : selon eux, l'intérêt de la femme enceinte serait d'avantage conservé dans l'hypothèse où elle avorterait. C'est pourtant devant ces mêmes médecins que la mère de la femme enceinte a montré sa volonté de prendre en charge l'enfant à sa naissance. Le magistrat a ajouté que, dans le cas où la grossesse se poursuivrait, l'Etat n'aurait pas d'autres choix que de retirer l'enfant de sa mère afin de le placer dans un foyer d'accueil.
L'Abortion Act de 1967 autorise l'avortement dans les 24 premières semaines de grossesse si la poursuite de cette dernière implique un risque, plus grand que si la grossesse était interrompue, de porter atteinte à la santé physique ou mentale de la femme enceinte. Mais le Ministère de la santé précise pourtant, en s'adressant aux femmes, que « la décision d'avorter n'appartient qu'à vous seule ». Du côté des personnes en situation de handicap, le Mental Capacity Act de 2005 énonce que les décisions prises au nom de la personne dont les capacités mentales sont moindres doivent prendre en compte les croyances et valeurs de cette dernière. On peut donc douter du respect de ces dispositions, puisque la juge affirme elle-même que la femme ne veut pas avorter. En outre, pas une seule mention n'a été faite de l'intérêt supérieur de l'enfant à naitre...
A l'instar des politiques chinoises, l'avortement deviendrait-il « obligatoire » dans certains cas ? De quelle liberté les femmes disposent-elles encore face à cette pratique ?
Ce cas n'est pas sans rappeler la récente révélation, par le Président de l'Irish Air Line Pilots' Association (IALPA), le capitaine Evan Cullen, de ce que des femmes pilotes « s'entendent dire qu'elles doivent choisir entre mettre fin à leur grossesse ou à leur emploi ».
Sources : Eurasia Review « UK Court Orders Forces Abortion for Disabled Woman » ; News America 24 « Court Orders Disabled Woman to get Abortion at 22 Weeks Pregnant » ; Abortion Act 1967 ; Mental Capacity Act 2005 ; Génèthique « Vous mettez fin à votre grossesse ou à votre emploi »